FAQ

Questions fréquentes

§1 Le cabinet et notre fonctionnement

Comprendre qui nous sommes et comment nous travaillons

Quels sont les domaines d’intervention du cabinet ?
Le cabinet Le Stanc & Associés intervient principalement en droit de la propriété intellectuelle (marques, brevets, dessins et modèles, droits d’auteur, savoir-faire), en droit du numérique (contrats informatiques, e-commerce, RGPD, intelligence artificielle, cybersécurité), en droit des contrats commerciaux et en droit des sociétés. Nous couvrons à la fois le conseil en amont, la défense contentieuse et la formation. Notre clientèle est principalement constituée d’entreprises innovantes, de la start-up aux groupes internationaux.
Depuis quand le cabinet existe-t-il ?
Le cabinet a été fondé en 1982 par le Professeur Christian Le Stanc, universitaire reconnu en droit de la propriété intellectuelle. Il est aujourd’hui porté par Lisa Le Stanc et Bruno Carbonnier. Cette continuité sur plus de quarante années nous permet d’allier rigueur doctrinale, mémoire des évolutions jurisprudentielles et connaissance fine des secteurs innovants.
Où êtes-vous situés et intervenez-vous hors de Montpellier ?
Nos bureaux sont à Montpellier, mais nous intervenons dans toute la France et à l’international, grâce notamment à nos outils de travail à distance (visioconférence sécurisée, espace client en ligne, signature électronique). De nombreux dossiers sont menés à distance sans déplacement nécessaire. Lorsqu’une audience exige une présence physique, nous nous déplaçons ou, pour certaines juridictions spécialisées, travaillons en binôme avec un confrère postulant.
Combien d’avocats composent l’équipe ?
Nous avons fait le choix d’un cabinet à taille humaine. Chaque dossier est piloté par un avocat associé qui reste votre interlocuteur unique du début à la fin. Cette organisation garantit un suivi personnalisé, une réactivité élevée et évite la dilution d’information entre plusieurs intervenants.
Comment se déroule un premier rendez-vous ?
Le premier échange est gratuit et sans engagement. Il dure généralement trente à quarante-cinq minutes, en visioconférence ou à notre cabinet. L’objectif est double : comprendre votre situation et vos enjeux, et vous indiquer en toute transparence la nature du travail à envisager, le calendrier prévisible et un ordre de grandeur des honoraires. À l’issue de cet échange, vous êtes libre de nous confier le dossier ou non.
Quels sont vos délais de réponse ?
Nous nous engageons à fournir un premier retour sous vingt-quatre heures ouvrées à toute sollicitation. En cas d’urgence caractérisée (mise en demeure à délai court, saisie-contrefaçon, cyberattaque, violation de données), nous assurons une mobilisation dans les deux heures suivant votre appel, y compris en dehors des horaires standards.
Travaillez-vous en langue étrangère ?
Nous travaillons couramment en français et en anglais, à l’écrit comme à l’oral. Les dossiers impliquant des juridictions étrangères, des adversaires internationaux ou des clients non francophones sont traités sans difficulté. Pour les autres langues (allemand, italien, espagnol, néerlandais), nous mobilisons notre réseau de correspondants locaux ou de traducteurs assermentés selon les besoins.
Garantissez-vous la confidentialité de nos échanges ?
Le secret professionnel de l’avocat est absolu et protégé par la loi (article 66-5 de la loi du 31 décembre 1971). Nous utilisons par ailleurs des plateformes chiffrées pour les échanges sensibles, un hébergement conforme RGPD pour nos outils, et un espace client sécurisé pour le partage de documents. Aucune information ne peut être transmise à un tiers sans votre accord exprès, hors obligations légales très encadrées.

§2 Honoraires et modalités financières

Transparence tarifaire et modes de facturation

Comment sont fixés vos honoraires ?
Nos honoraires sont fixés par convention écrite préalable, conformément à la réglementation de la profession. Nous proposons plusieurs modes de facturation selon la nature du dossier : au temps passé (taux horaire communiqué à l’avance), au forfait (prestation définie, prix ferme), à l’abonnement (pour un accompagnement récurrent), ou en honoraires de résultat complémentaires dans certains contentieux. Le mode de facturation est discuté avant tout engagement.
Pouvez-vous me donner un ordre de grandeur avant de commencer ?
Oui, systématiquement. À l’issue du premier rendez-vous, nous vous remettons un devis écrit indiquant le périmètre de la mission, le mode de facturation retenu et une estimation chiffrée. Pour les missions au temps passé, l’estimation est accompagnée de jalons de contrôle budgétaire : vous êtes informé si les hypothèses initiales évoluent, avant tout dépassement.
Y a-t-il des frais cachés ou imprévus ?
Non. Notre politique est celle de la transparence complète. Les débours (frais d’huissier, taxes d’enregistrement, honoraires d’experts, frais de traduction, frais de greffe) vous sont systématiquement annoncés à l’avance et refacturés à l’euro près sur justificatifs. Les frais de déplacement, s’ils s’imposent, sont convenus dans la convention d’honoraires.
Proposez-vous des forfaits pour des prestations récurrentes ?
Oui. Pour les entreprises ayant des besoins récurrents — surveillance de portefeuille de marques, assistance RGPD, rédaction de contrats types, revue juridique des conditions générales — nous proposons des abonnements mensuels ou trimestriels à tarif fixe. Cette formule permet une meilleure visibilité budgétaire et une disponibilité prioritaire.
Acceptez-vous d’être payés uniquement en honoraires de résultat ?
La réglementation de la profession interdit le pacte quota litis, c’est-à-dire une rémunération exclusivement fondée sur le résultat. En revanche, la loi permet des honoraires mixtes : une partie fixe couvrant le travail effectué, complétée par un honoraire de résultat convenu à l’avance en cas de succès. Cette formule peut être discutée pour certains contentieux, sous réserve de la situation financière du client et des spécificités du dossier.
Puis-je bénéficier d’une aide juridictionnelle ou d’une prise en charge par mon assurance ?
L’aide juridictionnelle concerne principalement les personnes physiques aux revenus modestes : nos dossiers sont majoritairement des dossiers d’entreprises qui en sont exclues. En revanche, de nombreuses entreprises disposent d’une protection juridique (contrat d’assurance) couvrant tout ou partie des honoraires d’avocat en cas de litige. Nous vous invitons à vérifier vos contrats : si une couverture existe, nous pouvons nous coordonner directement avec l’assureur.

§3 Propriété intellectuelle

Marques, brevets, droits d’auteur, savoir-faire

Quelle est la différence entre une marque, un brevet et un droit d’auteur ?
Ces trois titres protègent des objets différents. Le brevet protège une invention technique (produit ou procédé) présentant nouveauté, activité inventive et application industrielle, pour une durée maximale de vingt ans. La marque protège un signe distinctif (nom, logo, forme) identifiant l’origine commerciale de produits ou services, renouvelable indéfiniment par période de dix ans. Le droit d’auteur protège une œuvre originale (logiciel, texte, graphisme, musique) sans formalité de dépôt, pendant toute la vie de l’auteur et soixante-dix ans après sa mort.
Faut-il déposer sa marque avant de commercialiser ?
Fortement recommandé. Sans dépôt, vous ne dispoez que du droit fragile d’interdire une utilisation source de confusion, difficile à prouver. Un dépôt de marque vous confère un monopole opposable à tous, une date certaine de droits, et la faculté d’engager une action en contrefaçon. Déposer avant le lancement commercial permet aussi de sécuriser votre nom contre les tiers qui pourraient s’en inspirer après avoir vu votre communication.
Combien coûte et combien de temps prend un dépôt de marque ?
Un dépôt français (INPI) représente environ 230 euros de taxes officielles pour une classe de produits ou services, auxquels s’ajoutent les honoraires de l’avocat pour la recherche d’antériorités, la rédaction du libellé, le suivi de la procédure et la réponse à d’éventuelles oppositions. Le délai d’enregistrement est d’environ cinq mois en l’absence d’opposition. Pour une marque de l’Union européenne (EUIPO), le coût de base est de 850 euros pour une classe et le délai de quatre à six mois.
Mon logiciel est-il automatiquement protégé par le droit d’auteur ?
Oui, un logiciel original est protégé par le droit d’auteur dès sa création, sans formalité. Cette protection couvre le code source, le code objet, l’architecture, les interfaces graphiques et la documentation technique. En revanche, les idées, les algorithmes en tant que tels et les fonctionnalités ne sont pas protégés. Pour renforcer la preuve de l’antériorité, nous recommandons un dépôt probant auprès de l’Agence pour la Protection des Programmes ou chez un huissier numérique.
Puis-je breveter un logiciel ?
En principe, les logiciels « en tant que tels » sont exclus de la brevetabilité en France et en Europe. Toutefois, une invention mise en œuvre par ordinateur peut être brevetée si elle apporte une contribution technique supplémentaire allant au-delà de l’interaction normale entre programme et machine. Cette frontière est complexe : un audit de brevetabilité spécifique est nécessaire, en articulation souvent avec un conseil en propriété industrielle.
Que faire en cas de contrefaçon de ma marque ou de mon œuvre ?
Plusieurs actions sont possibles, graduées selon l’enjeu. Une mise en demeure amiable peut suffire pour les cas bénins. En parallèle, des mesures probatoires urgentes comme la saisie-contrefaçon permettent de constater et saisir les éléments contrefaisants avant toute procédure. L’action judiciaire peut ensuite être introduite en référé (urgence) ou au fond (dommages et intérêts, interdiction). Pour l’univers numérique, des actions spécifiques comme le déréférencement ou le blocage auprès des plateformes peuvent compléter la stratégie. Nous recommandons toujours un audit préalable avant d’agir.
Mes salariés ou prestataires ont-ils des droits sur ce qu’ils créent pour mon entreprise ?
La question est cruciale et souvent mal anticipée. Pour les salariés, les règles varient selon le type de création : les inventions de mission appartiennent à l’employeur (avec rémunération supplémentaire due), mais les œuvres protégées par le droit d’auteur restent en principe la propriété du salarié, sauf cession écrite. Pour les logiciels, une exception légale attribue automatiquement les droits à l’employeur. Pour les prestataires indépendants, aucune cession automatique n’existe : il faut impérativement une cession écrite et précise, formulée droit par droit et mode d’exploitation par mode d’exploitation.

§4 Numérique, données et intelligence artificielle

RGPD, IA Act, contrats IT, cybersécurité

Mon entreprise doit-elle nommer un délégué à la protection des données ?
La désignation d’un DPO est obligatoire dans trois cas : les autorités et organismes publics, les organismes dont l’activité principale consiste en un suivi régulier et systématique à grande échelle (analytics, tracking, publicité ciblée), et ceux qui traitent à grande échelle des données sensibles (santé, biométrie, condamnations). En dehors de ces cas, la désignation reste facultative mais souvent recommandée. Le DPO peut être interne, mutualisé ou externe.
Quelles sont les sanctions en cas de non-conformité au RGPD ?
Les sanctions administratives peuvent atteindre vingt millions d’euros ou quatre pour cent du chiffre d’affaires annuel mondial, le montant le plus élevé étant retenu. La CNIL peut également prononcer des injonctions de mise en conformité, des limitations de traitement, voire des interdictions pures et simples. S’ajoutent le risque réputationnel (les décisions de la CNIL sont publiques), les actions civiles en réparation des personnes concernées, et désormais les actions de groupe.
Comment gérer une violation de données personnelles ?
La procédure est strictement encadrée. Toute violation susceptible d’engendrer un risque pour les personnes doit être notifiée à la CNIL dans les soixante-douze heures suivant sa découverte. Si le risque est élevé, les personnes concernées doivent également être informées individuellement. En pratique, il faut mobiliser sans délai une cellule de crise (juridique, technique, communication) pour qualifier l’incident, limiter la fuite, préparer les notifications conformes et documenter l’ensemble. Nous intervenons dans ce type de crise en mode d’urgence.
Quelles sont mes obligations sous le règlement européen sur l’IA ?
Le règlement IA (AI Act), pleinement applicable à partir d’août 2026 pour la plupart de ses dispositions, classe les systèmes d’IA par niveau de risque. Les systèmes à risque inacceptable sont interdits. Les systèmes à haut risque (recrutement, crédit, sécurité critique) sont soumis à des obligations lourdes : documentation technique, gestion des risques, transparence, supervision humaine. Les systèmes à risque limité doivent respecter des obligations d’information (déclarer qu’on interagit avec une IA, marquer les contenus générés). Les modèles d’IA à usage général ont leurs propres règles. Un audit de classification est la première étape.
Puis-je entraîner mon IA sur des données trouvées en ligne ?
La question est complexe et évolutive. Plusieurs strates juridiques s’appliquent simultanément : le droit d’auteur (les œuvres scrapées sont protégées, l’exception de fouille de textes et données existe mais peut être écartée par opt-out du titulaire), le RGPD si les données contiennent des informations personnelles, le droit des bases de données, les conditions générales des plateformes sources. Une stratégie de constitution de corpus d’entraînement doit être auditée juridiquement en amont, d’autant que les premières décisions judiciaires en France et à l’étranger dessinent un cadre de plus en plus exigeant.
Qu’est-ce qu’un contrat SaaS doit obligatoirement prévoir ?
Un contrat SaaS solide doit couvrir au minimum : la définition précise du service (périmètre fonctionnel, exclusions), les engagements de niveau de service (SLA : disponibilité, temps de rétablissement, pénalités), la localisation et la sécurité des données, les modalités de réversibilité et de portabilité en fin de contrat, la propriété intellectuelle (qui possède les données, les paramétrages, les développements spécifiques), la responsabilité et ses plafonds, la durée et la résiliation, la conformité RGPD avec une annexe traitement de données. Nous recommandons également des clauses d’audit, de sous-traitance et d’évolution contractuelle.
Comment sécuriser un transfert de données hors Union européenne ?
Les transferts vers des pays tiers sont encadrés. Le mécanisme principal est la décision d’adéquation (le pays offre un niveau de protection équivalent : c’est le cas du Royaume-Uni, du Japon, des États-Unis sous Data Privacy Framework, entre autres). À défaut, il faut mobiliser des garanties appropriées : clauses contractuelles types de la Commission, règles d’entreprise contraignantes, certifications. Dans tous les cas, une analyse de l’impact du transfert est désormais exigée, surtout après les arrêts Schrems II. Chaque architecture de flux de données doit être cartographiée et documentée.

§5 Contrats et droit des affaires

Négociation, rédaction, relations commerciales

Vos conditions générales sont-elles réellement utiles ?
Oui, à condition qu’elles soient adaptées. Les conditions générales de vente ou d’utilisation structurent la relation commerciale, limitent les zones de risque (responsabilité, paiement, résiliation) et imposent vos propres règles plutôt que de subir celles de vos partenaires. Des CGV obsolètes ou génériques — téléchargées en ligne, non adaptées à votre activité, non mises à jour — créent un faux sentiment de sécurité. Un audit tous les deux à trois ans est recommandé, notamment pour intégrer les évolutions légales récentes (loi Sapin II, RGPD, règles spécifiques au commerce électronique).
Puis-je rompre un contrat commercial sans risque ?
Rarement sans précaution. Le droit français protège les relations commerciales établies : une rupture brutale, même d’une relation sans contrat écrit, peut engager votre responsabilité au titre de l’article L. 442-1 du code de commerce. Un préavis écrit, proportionné à la durée de la relation et à la dépendance du partenaire, est généralement nécessaire. Pour les contrats à durée déterminée, la rupture anticipée expose à des dommages et intérêts sauf inexécution grave de l’autre partie. Un audit préalable permet d’identifier la stratégie de sortie la moins risquée.
Qu’est-ce qu’une clause abusive et suis-je concerné ?
Une clause abusive crée un déséquilibre significatif au détriment d’une partie. Le régime diffère selon la relation : en relations B2C (avec un consommateur), le contrôle est très strict et de nombreuses clauses sont automatiquement réputées abusives. En relations B2B (entre professionnels), l’article L. 442-1 du code de commerce interdit de soumettre un partenaire à un déséquilibre significatif, et s’applique même entre professionnels de même niveau. Les clauses les plus exposées : exonérations de responsabilité, indexation unilatérale, résiliation discrétionnaire, pénalités disproportionnées.
Ma clause de non-concurrence est-elle valable ?
Une clause de non-concurrence n’est valable que si elle est limitée dans le temps, dans l’espace, quant à l’activité visée, et proportionnée à la protection d’un intérêt légitime. Pour les salariés, elle doit en plus prévoir une contrepartie financière obligatoire, faute de quoi elle est nulle. Pour les cessions de fonds ou de titres, les juges contrôlent strictement l’équilibre. Une clause mal rédigée peut être annulée ou réduite par le juge, laissant votre partenaire libre d’agir. Chaque clause doit être calibrée à la situation.
Comment choisir entre un tribunal de commerce, un tribunal judiciaire et un arbitrage ?
Le tribunal de commerce est compétent pour les litiges entre commerçants et pour les actes de commerce. Le tribunal judiciaire est compétent pour les litiges civils et, de plus en plus, pour les contentieux spécialisés (propriété intellectuelle, baux, successions). L’arbitrage est une justice privée, rapide et confidentielle, mais coûteuse et limitée à certains contentieux — sa faisabilité dépend d’une clause compromissoire valable. Le choix dépend de la nature du litige, du montant, de la nécessité de confidentialité, du calendrier et des relations futures avec l’adversaire.

§6 Contentieux et gestion de crise

Litiges, urgences, stratégie procédurale

Quand engager une procédure en référé ?
Le référé est la procédure d’urgence par excellence. Il permet d’obtenir, en quelques semaines voire quelques jours, une décision provisoire — le plus souvent une mesure conservatoire, une interdiction, ou une provision sur une créance non sérieusement contestable. Il est particulièrement adapté en propriété intellectuelle (arrêt d’un acte de contrefaçon), en concurrence déloyale, en protection des données ou pour faire cesser un trouble manifestement illicite. Il ne tranche pas le fond du litige : une action au fond peut (ou doit) être engagée en parallèle.
Puis-je agir en urgence si je découvre une contrefaçon ?
Oui, plusieurs voies existent. La saisie-contrefaçon permet de figer les preuves en quelques jours. Le référé — notamment le référé-contrefaçon spécifique à la PI — permet d’obtenir en quelques semaines l’arrêt immédiat des actes litigieux et une provision sur les dommages, sous condition de démontrer la vraisemblance de la contrefaçon et l’urgence. Pour les contenus en ligne, des procédures accélérées de déréférencement ou de blocage peuvent être engagées auprès des hébergeurs, moteurs ou juges. Le choix de la voie dépend du type d’atteinte, de sa matérialité, de l’identification de l’auteur et du degré d’urgence.
Combien de temps dure une procédure judiciaire en France ?
Les durées varient considérablement. En première instance, il faut compter entre huit et dix-huit mois pour une procédure civile classique, plus rapide au tribunal de commerce. En cas d’appel, comptez douze à vingt-quatre mois supplémentaires. Un pourvoi en cassation ajoute dix à dix-huit mois. Les référés, à l’inverse, peuvent aboutir en quelques semaines. Les délais dépendent aussi de la complexité du dossier, de l’encombrement de la juridiction et des incidents procéduraux. Nous construisons avec vous une stratégie qui intègre ce calendrier et ses alternatives (médiation, transaction).
Comment se déroule une saisie-contrefaçon ?
La saisie-contrefaçon est une mesure probatoire puissante, spécifique à la propriété intellectuelle. Sur requête non contradictoire, le juge autorise un huissier, parfois assisté d’un expert technique, à se rendre chez un suspect pour constater les actes de contrefaçon, saisir des échantillons, copier les comptabilités et tous éléments utiles. L’effet de surprise est essentiel. À peine de nullité, une action au fond doit ensuite être engagée dans un délai strict (vingt jours ouvrables ou trente et un jours calendaires). C’est un outil redoutable mais exigeant : la préparation méticuleuse de la requête conditionne la validité de la saisie.
Qu’est-ce qu’une mise en demeure et quels effets produit-elle ?
La mise en demeure est un courrier formel sommant une partie d’exécuter une obligation ou de cesser un comportement. Elle n’a pas de caractère obligatoire dans tous les cas, mais elle produit plusieurs effets juridiques importants : elle fait courir les intérêts moratoires, elle constitue le point de départ de la mauvaise foi, elle peut interrompre la prescription, et elle ouvre parfois le droit à des sanctions contractuelles. Elle sert aussi une fonction stratégique : tester la réaction de l’adversaire, cristalliser les positions avant procès, et démontrer au juge une tentative préalable de résolution amiable.
J’ai reçu une mise en demeure : que faire ?
Ne rien faire est la pire réaction. Prenez contact sans délai avec un avocat pour évaluer le bien-fondé des griefs, les délais à respecter, et la stratégie de réponse. Selon les cas, la réponse peut être : une réfutation motivée, une offre transactionnelle, une demande de précisions, ou une action offensive préemptive pour reprendre l’initiative procédurale. Le ton, le calendrier et le contenu de la réponse conditionnent fortement la suite. En parallèle, préservez tous les éléments de preuve utiles et évitez toute communication directe avec la partie adverse sans concertation.
Qu’est-ce que la médiation et quand y recourir ?
La médiation est un processus structuré dans lequel un tiers neutre aide les parties à trouver ensemble une solution amiable. Elle est confidentielle, rapide (quelques semaines), moins coûteuse qu’une procédure judiciaire, et préserve la relation commerciale. Elle est particulièrement adaptée aux litiges entre partenaires ayant intérêt à poursuivre leurs relations, aux litiges techniques complexes où une transaction sur mesure vaut mieux qu’un jugement binaire, et aux contentieux internationaux où l’exécution d’un jugement est incertaine. Une médiation conventionnelle peut être engagée avant tout procès, ou judiciaire sur proposition du juge pendant l’instance.
Quelles sont les chances d’aboutir à une transaction ?
Statistiquement, une majorité de dossiers commerciaux se règle avant jugement — par transaction, par désistement ou par accord amiable. Cette issue est particulièrement fréquente en PI et numérique où les enjeux réputationnels, la complexité technique et les coûts dissuadent souvent les parties d’aller au bout. La transaction peut intervenir à n’importe quel stade : avant toute procédure, pendant l’instance, voire après un jugement de première instance avant appel. Elle prend la forme d’un protocole écrit qui, s’il est bien rédigé, vaut titre exécutoire et éteint définitivement le litige.
Comment réagir à une cyberattaque ou à une fuite de données ?
Les premières heures sont critiques. La séquence à suivre : isoler l’incident (déconnexion, confinement technique), convoquer une cellule de crise (direction, DSI, RSSI, DPO, communication, avocat), qualifier juridiquement l’incident (violation de données personnelles, atteinte à un système de traitement, vol de secrets d’affaires, extorsion), déterminer les obligations de notification (CNIL sous soixante-douze heures, ANSSI dans certains cas, personnes concernées), documenter l’ensemble, préparer le volet contentieux (plainte pénale, actions civiles contre les auteurs ou sous-traitants défaillants). Nous intervenons en mode d’urgence pour coordonner juridiquement cette crise.
Puis-je agir contre un concurrent qui dénigre mon entreprise ?
Oui, sur plusieurs fondements complémentaires. Le dénigrement est une forme de concurrence déloyale engageant la responsabilité civile de son auteur dès lors que des propos critiques sur vos produits, services ou entreprise sont diffusés publiquement avec une intention malveillante ou une absence de base factuelle sérieuse. S’ajoutent, selon les cas, la diffamation (protégée par la loi de 1881 avec ses courts délais de prescription : trois mois), le détournement de clientèle, la désorganisation ou encore le parasitisme. Une collecte rapide de preuves (captations horodatées des contenus litigieux) conditionne l’efficacité de l’action. Une question qui ne figure pas ici ? Contactez-nous pour un premier échange gratuit et sans engagement. Nous analysons votre besoin et vous indiquons, en toute transparence, comment nous pouvons vous être utiles. Le Stanc & Associés — Montpellier — +33 (0)4 67 58 01 54

Votre question n’est pas là ?

Le premier échange est gratuit et sans engagement. Nous vous répondons sous 24h ouvrées.

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Comprendre une procédure judiciaire

Propriété intellectuelle · Droit du numérique

Le Stanc & Associés — Guide pour les clients

Vous êtes sur le point d’engager une action en justice, ou vous venez de recevoir une assignation. Cette FAQ vous accompagne à chaque étape. Elle suit le fil chronologique d’un contentieux en propriété intellectuelle ou en droit du numérique, des premiers signaux d’un litige jusqu’à l’exécution de la décision. Les réponses valent tant pour le demandeur que pour le défendeur.

§1 Avant l’audience — phase précontentieuse

Signaux d’alerte, évaluation du dossier, alternatives au procès

À quel moment faut-il consulter un avocat ?
Le plus tôt possible. Dès qu’un conflit apparaît — contrefaçon suspectée, violation d’un contrat informatique, fuite de données, mise en demeure reçue, commentaires diffamants en ligne — la réaction initiale conditionne fortement la suite. Trop souvent, les clients consultent après avoir échangé plusieurs emails avec la partie adverse, pris des positions publiques, supprimé des preuves ou laissé passer des délais. Un entretien initial de trente minutes suffit pour savoir si un dossier est viable, quels sont les risques, et quelles sont les premières actions à verrouiller.
Faut-il toujours passer par le tribunal ?
Non. Dans de nombreux cas, une phase amiable aboutit plus rapidement et à moindre coût : mise en demeure argumentée, négociation directe, médiation conventionnelle, transaction. L’action judiciaire n’est que l’un des leviers, et pas toujours le plus efficace. Nous évaluons systématiquement les alternatives avant de recommander un contentieux. Certains dossiers justifient toutefois une action immédiate sans tentative préalable : urgence, risque de disparition des preuves, adversaire structurellement non coopératif, nécessité de faire reconnaître un principe.
Comment évaluer mes chances de succès ?
Nous établissons en début de dossier une analyse de faisabilité comprenant plusieurs dimensions : solidité des fondements juridiques, qualité des preuves disponibles, tendances jurisprudentielles récentes, risques procéduraux, solvabilité de l’adversaire, et rapport coût/bénéfice global. Cette analyse aboutit à une appréciation nuancée — rarement binaire — et à des scénarios alternatifs. Aucun avocat sérieux ne garantira un résultat : l’issue d’un procès dépend aussi de la conduite de l’adversaire et de l’appréciation souveraine du juge.
Quelles preuves dois-je conserver dès le départ ?
Tout ce qui pourrait éclairer les faits : échanges d’emails, messages, captures d’écran horodatées, contrats et avenants, documents commerciaux, attestations de témoins, factures, statistiques d’audience, copies du site ou de l’application litigieuse. Pour l’univers numérique, les contenus étant par nature volatils, un constat d’huissier ou une captation via une solution de preuve certifiée (type Preuv.io, Elcimaï, Legapass) doit être réalisée sans tarder. Évitez surtout de détruire quoi que ce soit, même en votre défaveur apparente : la dissimulation de preuves est bien plus préjudiciable que des preuves gênantes correctement contextualisées.
▸ Spécificité PI — la saisie-contrefaçon
En propriété intellectuelle, l’ordonnance de saisie-contrefaçon est une procédure probatoire sur-mesure. Sur simple requête non contradictoire, un juge autorise un huissier — souvent accompagné d’un expert — à se présenter chez le présumé contrefacteur pour saisir matériellement les éléments litigieux, copier les comptabilités, interroger le personnel. L’effet de surprise est central. À peine de nullité, une action au fond doit être engagée dans un délai strict (vingt jours ouvrables ou trente et un jours calendaires, selon le plus long).

§2 L’engagement de l’action

Choix de la juridiction, rédaction de l’assignation, premiers délais

Quelle juridiction est compétente pour un litige en PI ou numérique ?
Les règles de compétence sont spécialisées et parfois contre-intuitives. Pour les brevets, une compétence exclusive est attribuée au tribunal judiciaire de Paris, désormais flanquée de la Juridiction Unifiée du Brevet pour les brevets européens à effet unitaire. Pour les marques, dessins et modèles de l’Union européenne, seuls certains tribunaux judiciaires sont compétents (Paris principalement). Pour les marques françaises et les droits d’auteur, dix tribunaux judiciaires spécialisés se partagent le territoire. Pour le numérique et les litiges contractuels, les règles générales s’appliquent, modulées par les clauses attributives de compétence et les règlements européens.
▸ Le TJ Paris, pôle PI de référence
Le tribunal judiciaire de Paris concentre une part majoritaire des contentieux de propriété intellectuelle en France. Ses chambres spécialisées (3ème chambre, avec plusieurs sections) ont développé une jurisprudence fine et cohérente. Pour les dossiers à forte intensité technique ou à portée européenne, cette spécialisation est un atout. Revers de la médaille : les délais y sont souvent plus longs qu’ailleurs, et la procédure plus formaliste.
Qu’est-ce qu’une assignation et que contient-elle ?
L’assignation est l’acte par lequel le demandeur saisit le tribunal et convoque le défendeur. Elle doit contenir l’identification précise des parties, l’exposé des faits, les moyens de droit invoqués, les prétentions chiffrées (dommages et intérêts, interdictions, publications), la liste des pièces communiquées, et certaines mentions obligatoires à peine de nullité. Sa rédaction est un exercice exigeant : elle cristallise votre stratégie, trace le périmètre du débat et détermine largement l’issue. Une assignation mal construite peut entraîner des fins de non-recevoir difficilement rattrapables.
Combien de temps avant ma première audience ?
Tout dépend de la voie procédurale. En référé, la première audience peut intervenir en quelques jours à quelques semaines. En procédure au fond devant le tribunal judiciaire, la mise en état dure généralement douze à vingt-quatre mois avant l’audience de plaidoiries. Au tribunal de commerce, le calendrier est souvent plus court — six à douze mois pour un dossier sans complications. Les dossiers PI techniques devant le TJ Paris sont fréquemment étirés au-delà de deux ans en raison des échanges de conclusions et, le cas échéant, d’une expertise judiciaire.
Que se passe-t-il après l’assignation ?
Le défendeur dispose d’un délai pour constituer avocat (obligatoire au TJ dans la plupart des cas) et conclure en réponse. S’ouvre alors la phase de mise en état : les parties échangent des jeux de conclusions successifs, communiquent des pièces, répondent aux demandes de l’autre, le juge de la mise en état tranche les incidents procéduraux. Cette phase peut comporter plusieurs calendriers de procédure successifs. Elle s’achève par une ordonnance de clôture, après quoi plus aucun argument ne peut être ajouté. Seule l’audience de plaidoiries permet ensuite au tribunal d’entendre les parties avant délibéré.
Dois-je absolument être représenté par un avocat ?
Devant le tribunal judiciaire en matière civile, la représentation par avocat est obligatoire. Devant le tribunal de commerce, elle ne l’est pas formellement, mais l’extrême technicité des dossiers PI et numériques la rend indispensable en pratique. Devant la cour d’appel, la représentation par avocat est obligatoire — et il faut en général un avocat inscrit au barreau proche de la cour ou un avocat « postulant » local en plus de l’avocat du dossier. Devant la Cour de cassation, seul un avocat aux Conseils peut représenter les parties.

§3 La phase de mise en état

Échanges de conclusions, communication de pièces, incidents

Qu’est-ce que la mise en état ?
La mise en état est la phase pendant laquelle les parties construisent leur argumentation et échangent leurs pièces, sous le contrôle d’un juge spécialisé (le juge de la mise en état au TJ, le conseiller de la mise en état en appel). L’objectif est de parvenir à un dossier « en état » d’être jugé, c’est-à-dire suffisamment instruit pour que le tribunal puisse statuer en connaissance de cause. Cette phase est structurée par un calendrier de procédure : chaque partie dispose de délais successifs pour conclure et produire ses pièces.
Combien de jeux de conclusions faut-il échanger ?
Cela varie selon la complexité du dossier. Dans une affaire simple, deux à trois jeux de conclusions par partie suffisent. Dans les dossiers PI à forte intensité technique ou les contentieux contractuels complexes, cinq à huit échanges ne sont pas rares. Chaque jeu de conclusions répond aux arguments précédents de l’adversaire, ajoute éventuellement de nouveaux moyens, et actualise les demandes. La qualité prime la quantité : un jeu de conclusions bien structuré, qui répond précisément et cite la jurisprudence pertinente, vaut mieux qu’une dizaine de jeux répétitifs.
Qu’est-ce qu’un incident de procédure ?
Un incident de procédure est un point contesté qui doit être tranché ava.t l’audience au fond : demande de communication forcée de pièces, exception de nullité, exception de procédure, demande de sursis à statuer dans l’attente d’une autre décision, demande de jonction avec un autre dossier, contestation d’une expertise. Le juge de la mise en état statue par ordonnance, susceptible d’appel dans certains cas. Bien utilisés, les incidents peuvent débloquer un dossier ou obtenir des pièces essentielles. Mal utilisés, ils allongent la procédure sans bénéfice.
Dans quels cas une expertise judiciaire est-elle ordonnée ?
Lorsque le litige soulève des questions techniques que le tribunal ne peut trancher sans éclairage spécialisé — évaluation de la contrefaçon technique d’un brevet, comparaison de code source entre deux logiciels, quantification du préjudice commercial, analyse de la vraisemblance d’un acte de piratage informatique. L’expert est désigné par le juge, travaille contradictoirement avec les parties, et rend un rapport qui éclaire le tribunal sans lier sa décision. L’expertise allonge significativement la procédure (six à dix-huit mois) et représente un coût (consignation initiale, honoraires finaux) à prendre en compte dans la stratégie.
Puis-je introduire de nouveaux arguments à tout moment ?
Oui, tant que la clôture n’est pas intervenue et sous réserve du principe du contradictoire — l’adversaire doit disposer d’un délai suffisant pour répondre. En appel, des moyens nouveaux peuvent en principe être soulevés, sauf cas limitativement énumérés. En revanche, certaines demandes nouvelles sont irrecevables à certains stades. C’est pourquoi la construction de la stratégie dès les premières conclusions est capitale : il est toujours plus efficace de poser l’ensemble de l’édifice dès le départ plutôt que d’ajouter des étages en cours de route.

§4 L’audience de plaidoiries

Déroulement, présence du client, rôle de l’avocat

Suis-je obligé d’être présent à l’audience ?
Non, dans les contentieux civils et commerciaux, votre présence n’est en principe pas obligatoire dès lors que vous êtes représenté par votre avocat. Beaucoup de clients choisissent d’assister à l’audience par intérêt pour leur dossier ou en signe de sérieux, mais ce n’est pas requis. Si vous souhaitez assister, nous vous briefons à l’avance sur le déroulement, le protocole (lever pour le tribunal, tenue, interdiction d’intervenir oralement), et la durée probable.
Combien de temps dure une audience ?
En procédure civile classique, une audience de plaidoiries dure entre trente minutes et deux heures par dossier, selon la complexité. Les dossiers simples sont parfois retenus sans plaidoiries orales, à la seule lecture des conclusions écrites (« procédure sans audience » ou « dépôt du dossier »). Les dossiers complexes peuvent donner lieu à plusieurs renvois et des plaidoiries de plusieurs heures réparties sur plusieurs demi-journées. En référé, le format est plus concentré : une à trois heures en général.
Que se passe-t-il concrètement à l’audience ?
Le tribunal appelle les affaires dans l’ordre prévu. Les avocats se présentent à la barre. Le président ouvre la séance, rappelle les demandes des parties et peut poser des questions préalables. L’avocat du demandeur prend la parole en premier, puis l’avocat du défendeur répond. Des répliques sont parfois autorisées. Les avocats résument leurs arguments sans les relire intégralement : les conclusions écrites priment. Le tribunal peut interroger les avocats ou les parties présentes. L’audience se clôt et le dossier est mis en délibéré, la date de décision étant annoncée.
L’adversaire et son avocat seront-ils présents ?
Généralement oui, à l’exception des dossiers déposés sans plaidoiries. Si l’adversaire ne se présente ni n’est représenté, une décision par défaut ou réputée contradictoire peut être rendue, avec des voies de recours spécifiques. Si son avocat plaide sans que l’adversaire soit physiquement présent, c’est parfaitement régulier. Il n’y a pas d’obligation de se parler directement ou de se serrer la main : la communication passe exclusivement par les avocats.

§5 La décision et ses suites

Délibéré, jugement, voies de recours

Combien de temps faut-il pour obtenir une décision ?
Le délibéré dure généralement entre un et trois mois après l’audience, parfois plus dans les dossiers complexes. En référé, la décision intervient dans des délais beaucoup plus courts — quelques jours à quelques semaines. En appel, les délais de délibéré sont comparables au TJ. Les tribunaux sont tenus à une obligation de motivation : le jugement expose les faits, les arguments des parties, et les raisons de la solution retenue. Cette motivation est essentielle pour comprendre les éventuelles voies de recours.
Que contient un jugement ?
Un jugement comporte plusieurs parties : l’identification des parties, un exposé des faits et de la procédure, un rappel des prétentions et moyens des parties, la motivation proprement dite (les raisons de fait et de droit qui justifient la décision), et enfin le « dispositif » — la partie décisionnelle qui tranche concrètement le litige. C’est le dispositif qui est exécutoire : interdiction de poursuivre certains actes, condamnation à verser une somme, publication de la décision, etc. La motivation éclaire le dispositif et peut ouvrir des voies de recours.
Puis-je faire appel si je perds ?
Oui, dans la grande majorité des cas, dans un délai d’un mois (parfois quinze jours en matière accélérée) à compter de la signification du jugement. L’appel est dévolutif : la cour d’appel rejuge l’ensemble du litige, en fait comme en droit, sauf limitations particulières. Il suspend généralement l’exécution du jugement, sauf si le tribunal a ordonné l’exécution provisoire. L’appel a un coût (honoraires d’avocats, parfois expertise nouvelle) et allonge la procédure de douze à vingt-quatre mois. Sa pertinence s’évalue au cas par cas : chances réelles de réformation, enjeu financier, stratégie globale.
Et si j’ai partiellement gagné ?
Très fréquent. Les jugements accordent rarement l’intégralité des demandes — par exemple la contrefaçon est reconnue mais les dommages et intérêts sont inférieurs à ceux demandés, ou une partie des mesures d’interdiction est rejetée. Deux options : accepter le jugement tel quel, ou faire appel sur les chefs défavorables. Attention : un appel principal ouvre souvent la voie à un appel incident de l’adversaire, qui peut remettre en cause les chefs favorables. La décision d’interjeter appel doit donc être prise à l’issue d’un audit rigoureux de l’ensemble du jugement.
Peut-on se pourvoir en cassation ?
Oui, contre les arrêts de cour d’appel, dans un délai de deux mois. Le pourvoi en cassation n’est pas un troisième degré de juridiction : la Cour de cassation ne rejuge pas les faits, elle vérifie seulement que les juges du fond ont correctement appliqué le droit. Le pourvoi est confié à un avocat aux Conseils, spécialisé. Les chances de cassation sont statistiquement limitées (environ 20 à 30 %). En cas de cassation, l’affaire est renvoyée devant une autre cour d’appel. La procédure dure en moyenne douze à dix-huit mois.
Quels sont mes recours si l’adversaire ne respecte pas la décision ?
Plusieurs leviers existent. Le jugement exécutoire peut être mis à exécution par voie d’huissier : saisie sur comptes bancaires, saisie des rémunérations, saisie-vente de biens, saisie immobilière. Pour les mesures non pécuniaires (interdictions d’actes, retrait de produits), le juge peut assortir sa décision d’une astreinte journalière — une somme due par jour de retard ou de persistance du comportement. En cas d’inexécution persistante, une action en liquidation de l’astreinte permet de transformer cette dette virtuelle en somme concrète. Pour les contrefacteurs de mauvaise foi, des actions pénales peuvent également être envisagées.

§6 Coûts et financement du contentieux

Budget, honoraires, récupération des frais

Combien coûte une procédure judiciaire ?
Les coûts varient considérablement selon la complexité du dossier, la durée de la procédure et les incidents. Pour un contentieux PI moyen en première instance devant le TJ, comptez entre 20 000 et 80 000 euros d’honoraires d’avocat. Les dossiers complexes à fort enjeu peuvent dépasser ces montants. L’appel représente en moyenne 60 à 80 % du coût de première instance. S’ajoutent des frais annexes : constats d’huissier, saisie-contrefaçon, expertise judiciaire (consignation de quelques milliers à quelques dizaines de milliers d’euros), traductions, frais de greffe. Nous établissons un budget prévisionnel en début de dossier et un suivi trimestriel.
Puis-je récupérer mes frais d’avocat si je gagne ?
Partiellement, via l’article 700 du code de procédure civile. Le juge peut condamner la partie perdante à rembourser à la partie gagnante une somme correspondant aux frais exposés non compris dans les dépens — principalement les honoraires d’avocat. En pratique, les montants accordés sont souvent inférieurs aux frais réels : une condamnation entre 3 000 et 15 000 euros au titre de l’article 700 est courante en première instance, même dans un dossier ayant coûté plusieurs dizaines de milliers d’euros. Il ne s’agit donc pas d’une récupération intégrale mais d’une compensation partielle.
Qu’est-ce que les dépens ?
Les dépens sont les frais strictement procéduraux, distincts des honoraires d’avocat : frais de greffe, droits de plaidoirie, frais d’huissier pour la signification des actes, frais d’experts judiciaires commis par le tribunal, indemnités éventuelles de témoins. La partie perdante est condamnée aux dépens sauf exceptions. Ces frais représentent en général quelques centaines à quelques milliers d’euros, bien inférieurs aux honoraires d’avocat.
Puis-je obtenir des dommages et intérêts pour le préjudice subi ?
Oui, c’est l’objet principal de la plupart des actions en PI et numérique. En matière de contrefaçon, la loi impose au juge de tenir compte distinctement de trois postes : les conséquences économiques négatives subies (manque à gagner, perte de redevances), le préjudice moral (atteinte à l’image), et les bénéfices réalisés par le contrefacteur. Le juge peut aussi, alternativement, fixer une somme forfaitaire supérieure aux redevances qui auraient dû être versées. La difficulté principale est souvent probatoire : démontrer le préjudice et son ampleur. Une approche documentée (chiffres d’affaires, parts de marché, volumes de ventes contrefaisantes) est déterminante.
Mon assurance peut-elle prendre en charge les frais ?
Parfois. De nombreuses entreprises disposent d’une assurance protection juridique qui peut couvrir tout ou partie des honoraires d’avocat en cas de litige, dans des plafonds contractuels variables. Vérifiez votre contrat : certaines polices couvrent également les litiges en propriété intellectuelle, d’autres les excluent expressément. Si une garantie existe, nous pouvons nous coordonner directement avec l’assureur dans le respect du libre choix de l’avocat par l’assuré — principe rappelé par la Cour de cassation. Attention aux plafonds de prise en charge souvent inférieurs à nos taux horaires standards, qui laissent un reste à charge.

§7 Particularités PI et numérique

Spécificités procédurales de nos domaines

Pourquoi les dossiers PI prennent-ils souvent plus de temps ?
Plusieurs facteurs s’additionnent. La complexité technique exige souvent une expertise judiciaire, qui ajoute six à dix-huit mois. La concentration du contentieux à Paris produit des engorgements. Les défenses sont souvent sophistiquées : contestation de la validité du titre (brevet, marque) par voie reconventionnelle, qui peut déclencher en parallèle une procédure devant l’INPI ou l’EUIPO. Les enjeux financiers élevés motivent des stratégies dilatoires, des multiplications de conclusions, des demandes d’incident. Les dossiers internationaux ajoutent des problématiques de compétence, de loi applicable et d’exécution transfrontalière.
Comment prouver une contrefaçon en ligne ?
La volatilité des contenus numériques rend la preuve plus délicate qu’en matière physique. Plusieurs outils se combinent. Le constat d’huissier par voie électronique reste la référence, à condition qu’il respecte la norme NF Z67-147 : purge des caches, vérification de la date système, capture horodatée. Les solutions privées de preuve certifiée (scellés numériques avec signature électronique qualifiée, ancrage blockchain) gagnent du terrain. Les rapports d’experts techniques indépendants complètent l’approche pour analyser le code, comparer des bases de données, ou reconstituer une chaîne de responsabilité. L’Archive.org peut également être mobilisé avec précaution, ses pages ayant été admises à plusieurs reprises comme éléments de preuve.
Les procédures PI peuvent-elles concerner plusieurs pays ?
Oui, très fréquemment. Les marques de l’Union européenne et les brevets européens à effet unitaire produisent leurs effets dans plusieurs États simultanément. Les contentieux de marques et dessins et modèles communautaires peuvent viser des atteintes dans toute l’Union. La Juridiction Unifiée du Brevet (JUB), opérationnelle depuis 2023, centralise le contentieux des brevets européens à effet unitaire avec des décisions produisant des effets dans tous les États membres participants. Pour le numérique, le règlement Bruxelles I bis et la jurisprudence de la Cour de justice permettent souvent d’agir depuis la France contre des éditeurs étrangers, à condition que le contenu soit accessible ou dirigé vers le public français.
Qu’est-ce que la procédure spéciale de référé de droit commun par rapport au référé PI ?
Le référé de droit commun (article 834 du code de procédure civile) exige la démonstration de l’urgence et l’absence de contestation sérieuse. Il est accessible dans tous les domaines. Le référé-contrefaçon, spécifique à la PI (article L. 615-3 du code de la propriété intellectuelle pour les brevets, articles équivalents pour marques, dessins et modèles, droits d’auteur), obéit à des conditions assouplies : le demandeur doit démontrer la vraisemblance de la contrefaçon, l’urgence étant présumée. Il permet d’obtenir rapidement l’arrêt des actes litigieux et, depuis plusieurs années, une provision sur les dommages et intérêts. C’est un outil redoutable, largement utilisé en matière de PI.

§8 Accompagnement du cabinet

Ce à quoi vous attendre de notre part

Comment serai-je informé de l’évolution de mon dossier ?
Chaque étape importante fait l’objet d’une information écrite : communication des pièces adverses, conclusions déposées, ordonnances rendues, dates d’audience. Vous recevez systématiquement une copie des actes majeurs — assignation, conclusions principales, jugements. Entre les étapes, nous échangeons selon les besoins : note synthétique après chaque événement procédural significatif, points téléphoniques ou en visio lors des décisions stratégiques. Vous disposez d’un accès à l’espace client sécurisé pour consulter l’ensemble des pièces et actes du dossier à tout moment.
Puis-je changer d’avocat en cours de procédure ?
Oui, à tout moment. Le libre choix de l’avocat est un principe fondamental. Si vous souhaitez changer, vous en informez votre avocat, qui transmet le dossier à votre nouvel avocat après régularisation des honoraires dus pour le travail effectué. Le changement n’a aucun effet procédural automatique, l’instance se poursuit normalement. Toutefois, un changement mal préparé en cours de procédure peut affecter la continuité stratégique : nous recommandons d’anticiper la transition et de donner à votre nouvel avocat le temps nécessaire à la reprise intégrale du dossier, particulièrement dans les contentieux volumineux.
Que faire si je ne suis pas satisfait du déroulement ?
Nous préférons le dialogue ouvert. Un point d’étape formel peut être demandé à tout moment pour examiner ensemble l’avancement, la stratégie et les options. Si un désaccord persiste, plusieurs voies existent : la réclamation auprès du bâtonnier de l’Ordre des avocats, qui peut ouvrir une procédure de conciliation ; la saisine du Médiateur de la consommation pour les clients particuliers ; ou encore la contestation d’honoraires devant le bâtonnier puis, en cas de désaccord, devant le président de la cour d’appel. Ces voies sont rarement utilisées car la transparence contractuelle et la qualité du dialogue les rendent, dans la très grande majorité des cas, inutiles.

Un contentieux en préparation ou en cours ?

Nous analysons votre situation en toute confidentialité lors d’un premier échange gratuit et sans engagement. Notre équipe intervient devant toutes juridictions en France et à l’international.